Djam Session

27 janvier 2012

Janvier

Je flotte dans le malaise d'un entre-deux, entre sommeil et éveil, dans un flou malveillant, éreintant. J'ai perdu tout repère dans le temps et dans l'espace, pire je suis une fois de plus dans cette dimension si familière qui me dépasse pourtant. Blottie sous ma couette, je sens le mouvement d'une lourde vague s'affaissant sur le lit, un courant d'air, un souffle, comme un corps qui se serait allongé à mes côtés. Je m'attends à recevoir un baiser, entendre quelques mots sussurés. Rien ne vient, je m'étonne. Je n'ai pas rêvé pourtant. J'ouvre doucement les yeux sans rien bouger de mon corps. On ne sait jamais. Je ne dois pas donner d'indice de vie, de conscience.  Ma chienne est à mes côtés, endormie, la porte de la chambre est entrouverte comme je l'avais laissée, la télé fonctionne toujours en sourdine. Tout est normal et pourtant je sens mon corps s'engourdir malsainement. L'ombre est là, toute proche, je la sens. J'ai peur mais malgré moi, à la recherche d'une explication rationnelle, j'ose dans le sursaut d'une audace incroyable lever la tête, regarder le réveil. Le cadran affiche 04:32. Je me rassure. C'était peut-être Moon. Il se lève toujours si tôt.

Je referme les yeux, Le silence est pesant. Je ne sais pas si je suis dans un rêve, dans l'éveil ou pire dans une nouvelle hallucination. L'angoisse monte. J'ai suturé mes paupières. Je ne veux pas voir, l'ombre n'était peut-être pas là, ou ne m'a peut-être pas vue. Je veux juste traverser au plus vite ce moment et enfin dormir. Je visualise le bloc de couteaux dans la cuisine, ressens l'impulsion d'en planter un dans la chair, n'importe laquelle. Je me sens dangereuse. Je me promets de retourner toute forme de violence contre moi-même au cas où. Je pense à ma mère qui pour calmer mes nuits solitaires d'angoisse glissait un couteau sous mon matelas. Elle était loin, toujours, trop souvent. A cet instant précis, je suis au moins rassurée de ne pas avoir de lame juste en-dessous de moi. De toute façon, je ne dois plus bouger. Je m'enfonce dans la lourdeur vascillante d'un état comateux, une sorte de vertige me balance jusqu'à la nausée. Je reconnais cette impression, là sur moi, de toute sa puissance, froide, enveloppante, c'est l'ombre.

Le combat commence. Tout mon corps se contracte. Il me faut faire preuve d'une force inouïe pour sortir de ces liens qui me plaquent et m'enfoncent dans le néant. Ouvrir les yeux est extrêmement difficile, douloureux. Enfin, j'y arrive. Cette fois, cela ne m'a pris que quelques secondes. Je gagne en force peut-être.

C'est un mois de janvier terrible, comme tous les mois de janvier. Je vis jumelée à une angoisse décuplée. Les formalités d'inscription de Moon en fac de médecine me paraissent insurmontables. Son départ se rapproche. Je ne suis pas sortie de la semaine. Je somatise. J'aurais passé le mois, morveuse, à éternuer, me moucher, tousser, crachoter. L'hiver a le goût d'une glaire amère qui m'empêche de respirer.



23 janvier 2012

Splash

Après des années d'amitié, elle me fait une nouvelle confidence très intime en m'annonçant qu'elle est une femme fontaine. Je découvre, elle m'explique, la jouissance jaillissante, la préméditation qu'impose cette expression prodigue du plaisir ressenti, la vague d'auto-satisfaction que paraît-il les hommes en retirent (à mon grand étonnement car j'aurais cru que c'était répulsif). Mouiller sa couche à l'aise sur nid de serviettes éponge en boucle, baigner dans la salinité d'un raz-de-marée extasique, ça peut faire rêver, mais pour ma part, j'aurais vécu ça comme un cauchemar. Si j'avais été femme fontaine, j'aurais joué à la petite sirène. Sous la douche, dans la baignoire, pas ailleurs, histoire de ne pas faire trop d'éclaboussures et de satisfaire mon côté Madame Proprette. 

J'y repense parce que Giuletta est de retour sur nos petits écrans et qu'il m'apparaît clairement désormais, à la vue de la photo finale du clip pub, que certains hommes aiment l'expression de la satisfaction en quantité. Giuletta belle et reposée, les quatre pattes dans une mare de satisfaction. A moins que il ne s'agisse là du pur produit auto-eject d'au moins une érection assouvie. Bref, le plaisir coule à flots.

Pendant ce temps-là, mon petit doigt me parle de lui, comme lui, comme je l'imagine, et ne m'en dit que du bien, à son insu, m'offrant secrètement des coulées d'encre de déclarations de bonheur, solitaire. Mouiller à en coller des dizaines de timbres sur des lettres d'amour à ce presque inconnu, qui ne les recevra jamais car il doit rester cet odieux et fascinant idéal...

22 janvier 2012

Pyrogravure

Quelque chose me gênait dans ma marche. Je levai ma main droite et m'aperçus que l'ongle de mon pouce ébréché retenait un fil de soie au bout duquel pendouillait le cadavre d'une mygale, complètement desséchée. De toute évidence, elle m'accompagnait à mon insu depuis un certain temps. Il lui manquait une patte que je trouvai en balayant le sol de toute la maison de mon regard. Je la ramassai comme s'il avait été très important de compléter ce cadavre en puzzle. Je jetai cette nature-morte au dehors, soulagée mais sous l'emprise d'une angoisse rétro-active. Je l'imaginais sur mon épaule, dans mon dos, pleine de vie, danger insoupçonné auquel j'avais échappé. Je me rassurai, elle ne m'avait rien fait. Imma aurait eu une interprétation positive de ce cauchemar. Elle m'aurait parlé de personnes malveillantes qui ne pouvaient m'atteindre, d'angoisses inutiles, de victoire sur le pire.

Cela fait plusieurs mois déjà qu'aucun serpent ne m'a frappée dans mon sommeil, qu'aucune ombre n'est venue s'affaler comme une cape de brume étouffante pour me tuer. Après chaque coup que le serpent  me donnait de sa tête en se projetant sur moi avec grande violence, venait la morsure qui étrangement mettait fin à ma peur. Je riai même, avec un "même pas mal" enfantin en conclusion de cette agression. L'ombre, elle, est bien plus terrifiante. Je la crains comme le froid. Elle est plus forte que moi, sournoise, puissante, engourdissante, paralysante. Elle m'a pris tellement d'énergie. Le réveil était alors une délivrance, le sommeil n'était plus un refuge. J'apprécie cette trève même si d'autres démons apparaissent, ils me laissent dormir en paix, m'évaporer dans le sommeil, loin de la lumière où ils m'attendent. Ces monstres qui m'accompagnent depuis l'enfance semblent avoir déserté le territoire de mes terreurs.

Ce matin, un homme commentait un reportage sur Odessa. Il évoquait la cèlèbre chute de la poussette dans le classique d'Eisentein. Je hais les escaliers. Depuis l'enfance, je vis et revis une chute à chaque escalier que j'emprunte, je visualise malgré moi l'accident, la presque-mort, avec au final ma tête éclatée, éclaboussures de sang en tapis rouge. 

Ce même homme disait : "S'il y a une chose que redoutent les Slaves, c'est d'oublier les évènements dont ils acceptent de se souvenir."

La mémoire connaît-elle le choix ? J'ai quelque chose à oublier mais je ne me souviens pas de quoi. Cela me rendrait si légère alors.

Augures

Haute tension B

Tarfess 1 B

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18 janvier 2012

Le grand pardon

J'ai reçu un mot qui disait : "Salut Djam, tu es à Paris ?! Je n'en savais rien. J'espère te voir à ton prochain passage et surtout je ne t'en veux pas .... car je sais ce que c'est." 






15 janvier 2012

Et la République est en chantier...

Paris - Album Marche du 14 janvier 2012 (FB)

                  14 JANVIER 1B 14 JANVIER 4B

14 JANVIER 5B

14 JANVIER 6B

13 janvier 2012

La Traverse

La Traverse, c'est à chaque voyage l'assurance d'assister à un court-métrage haut en couleurs et sensibilité, drôlerie ou attendrissement. J'aime tellement que je laisse passer sans les compter les bus standards qui pourraient me mener à la même destination juste pour le plaisir de ces rencontres villageoises à Paris, quitte à perdre beaucoup de temps, mais à Paris, s'offrir du temps, c'est du luxe.

Hier, une vieille dame accompagnée de son pintcher beige en manteau beige pestait contre un monsieur monté à la même station qu'elle. Elle me fait face et m'interpelle :

- "Non mais, vous trouvez qu'il ressemble à un chat ? Une chatte même ?! Non mais, vous me croyez si je vous dis que ce monsieur m'a demandé si ma chatte aimait se promener ?!!! Quel culot ! Il me prend vraiment pour une imbécile, vraiment !"

Le personnage concerné est assis face à elle, imperturbable, et l'écoute me faire son résumé. Je n'arrive pas à vraiment cerner la situation, qui me fait déjà bien sourire, et pour apaiser la brave dame lui dit qu'il voulait sûrement la taquiner.

- "Oh mais que non, vous êtes bien trop gentille. Comme si on pouvait prendre mon chien pour un chat ! J'ai bien compris son petit jeu de drague."

Je souris, un petit rire m'échappe et c'est alors que le monsieur, toujours imperturbable, en remet une couche, pleine de sournoiserie de mauvais goût :

- "Et ben oui, après tout, ça ressemble à une chatte mais c'est peut-être un chat."

La vieille dame peste, me prenant encore à témoin. Le monsieur descend. Elle peut enfin me confier tout ce qu'elle a sur le coeur :

- "Non, mais, c'est un vrai vicieux et puis je les connais. C'est un arabe. Ils sont vicieux les vieux arabes, pas comme les jeunes, ceux-là, ils sont blasés."

Elle descend à l'arrêt suivant, le jeune homme qui me fait face me sourit. On se comprend sans mot dire. Nous étions partie prenantes d'un sketch où un vieil arabe ne voulait pas sciemment différencier un chien d'une chatte et où une vieille franchouillarde ne savait pas malgré elle reconnaître une arabe dans la personne à laquelle elle se confiait.

Aujourd'hui, rien de particulier dans ce mini-bus mais déjà des têtes devenues familières et sympathiques. Un homme très grand, très maigre, très fatigué par de longues années de vie, que l'on devine de suite difficiles, monte dans le bus.  De suite une odeur de vinasse envahit l'espace. Des regards se croisent, complices dans le jugement. Il a le visage émacié, comme dessiné au couteau, des traits fins et puissants, de très grands yeux bleus, des cheveux gris clairsemés soigneusement plaqués vers l'arrière, le gel laissant deviner le passage des dents d'un peigne. Il est beau, on devine son visage enfant et pourtant il n'a pas l'air commode. Il ignore tout le monde et tout le monde l'ignore, sauf moi. Je ne peux m'empêcher de le regarder. Il est fascinant.

J'arrive à destination et une dame aux beaux cheveux blancs descend au même arrêt. Le bus vient juste de redémarrer, je m'apprête à traverser la rue, elle m'interpelle. Je me retourne.

- "Vous avez vu ce monsieur, n'est-ce pas ? Il est bizarre. Il traîne partout dans le quartier et fréquente tous les foyers. Je pense qu'il est handicapé. Il a une drôle de façon de marcher tout de même. Je suis embêtée car cela fait un moment que je me dis qu'il ressemble trait pour trait à un serial killer qui aurait tué des dizaines et des dizaines de jeunes femmes. Vous n'avez pas vu comme il a souri lorsque vous êtes descendue ? Ah non !? Ah mais si, je vous le dis, il est agressif sûrement. En tout cas, il a une drôle d'attitude vis-à-vis des femmes et le voir sourire comme ça, ça m'a fait froid dans le dos. Il faudrait que je revois cette photo du serial killer parce que vraiment il lui ressemble. Mais si je dis ça à la police, ils ne voudront jamais prendre le temps de vérifier... et puis comment être sûre ? Vous avez vu ce qu'ils deviennent ces tueurs qui ont tué tant de personnes il y a des dizaines d'années. C'est bien triste en tout cas. Vous habitez le quartier ?"

- "Non, je vais chez une amie."

- "Ah d'accord, en tout cas, vous voilà prévenue, alors faites attention, on ne sait jamais et parlez-en à votre amie, elle le connaît peut-être."

J'aime cette douce folie du quotidien, toutes ces personnes pas tout à fait dans les rails, ces transports en commun dans les délires les plus absurbes ou poétiques. J'aime Paris à cause de ses rendez-vous quotidiens avec l'inattendu, peu spectaculaires, juste délicieusement anecdotiques, mais primordiaux.

J'ai compris que si je prends des notes, c'est pour me rappeler que je vis des choses ou que j'en suis au moins le témoin, que les choses de la vie, c'est ça, aussi. Je ne sais pas à quoi ça sert, sinon à habiller le temps d'émotions plus ou moins fortes, en attendant.

10 janvier 2012

Apparte


buffalo '66 par durelimite

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07 janvier 2012

Border Line

Coccinelle B

Révolutions Spermophiles

Les révolutions arabes, c'est la fête du slip, les Sidi Zbouba imaginent un avenir à travers leur lorgnette portative, à giclée automatique à la vue de la moindre forme femellique. 

Louange au premier barbu fornicateur, inventeur du premier Powerpoint sur tableau tablette dure comme de la pierre (so hard to wear), au marin zoophile qui fit la plus longue traversée sans forniquer femelle humaine, à l'abstinent SM, amateur de bain de pieds avec serviette en capillaires femelle et jouissance cloutale et enfin au grossiste sexuel (par lots de 4), élu meilleur reproducteur des derniers siècles à la devise "Elles n'ont pas d'âge pour être craquées".

La Révolution est morte. Vive la Révolution ? Quoi, Inch Allah ?!

Lazare, lève-toi et dis-leur que c'était juste une mauvaise blague !

Si seulement Jesus avait fait son coming out, ça aurait tué le père.

06 janvier 2012

Cornes de Gazelle

Centre Midoun B

Vieux Midoun B

04 janvier 2012

Singularités

Après mûre réflexion, il faut se rendre à l'évidence que si nous nous entêtons à vieillir, nous finirons à la Madeleine.
Tu connais les danses de salon toi ? Non, so, we'll dance alone !

A l'ouest, toujours rien de nouveau, invariablement, c'est singulier.

Révolution HD

Tunisie 2012, la nouvelle dictature, c'est la résignation et la résolution de l'année semble être la haute désolation. On entend les mêmes réflexions et on voit les mêmes réactions par rapport à Ennadha qu'autrefois par rapport au RCD. Beaucoup portent une longue barbe ou un foulard comme autrefois certains, peut-être les mêmes, affichaient dans des cadres doré-kitsch des attestations de soutien au RCD, juste histoire de se faire bien voir, d'obtenir des avantages. Quant à la majorité silencieuse, elle est dans la peur, la tétanisation ou l'indifférence, c'est selon. C'est vrai qu'à la lecture des dernières nouvelles, il y aurait de quoi. Et on lit "Que vais-je faire de ma liberté empoisonnée?"  "quand une nouvelle dictature voile le jour" comme si les jeux étaient faits, comme si les vieux réflexes revenaient, comme si on ne pouvait déjà plus se mobiliser comme en janvier 2011.

Et pendant ce temps là, les oiseaux bonimenteurs vendent impunément leur camelote...

30 décembre 2011

La Terre est Bleue mon Ange

Si Saleh B

The Reader B

Pêcheurs lagune B

 

The Answer is Blowing in the Wind...

Op Payback

Diffi Moe Embarek

"Ecoute les paroles qui se déchaînent
tout misérable se lamente 
mais sa misére est permanente
Pour toi le genre humain n'est que moissons 
riche et pauvre soumis à la question 
alignés 
L'obscurité effrayante
et l'esprit dénonciateur (...)"

Nass el Ghiwane
Texte d'illustration choisi par D.M. Embarek.

29 décembre 2011

La tarte au citron meringuée

Un jour j'écrirai l'histoire de la branlette du boucher halal qui faillit étrangler sa voisine à cause d'un poil de barbe qu'il lui avait servi dans un steak hâché de dromadaire circoncis, atteint de priapisme.

Il est des jours où il est difficile de supporter la magnificence du quotidien.

Banalité du quotidien B

26 décembre 2011

Nativité Saharienne

1 Big Sky Dghoumess B

Suite de l'album ici.

21 décembre 2011

Cuba Libre !

 Cuba 1 Cuba 2

 Cuba 3 Cuba 4

 Cuba 5 Cuba 6

 Cuba 7 Cuba 8

Images reportage du J.T. de 20H00 France 2 de ce jour.

Procédés par élimination

Syrie Déc 2011

Nil rouge

Gentil Coquelicot

Il y a chaque jour ce moment de sérénité où la mort serait non pas la bienvenue mais une éventualité fatale que l'on recevrait sans crainte. L'angoisse permanente disparaît quelques intants, démaquillée de tous ses sentiments, émotions, sensations, élans, espoirs et ambitons, colères et renoncements. Le détachement est total. Plus rien n'a d'importance, même pas soi, surtout pas soi. Et l'on sourit, comme allégé. Seul l'enfant, dans son avenir, compte. Rassuré, apaisé, la conscience aiguisée par la lucidité de la futilité de sa propre existence, l'esprit libéré du corps, dans une légèreté taquine, on pense au monde et à la facilité de le quitter. Une presque mort, une petite mort, jouissive.

Moment d'apaisement qui contraste avec la terreur du quotidien, si beau soit-il par instants, qui ne laisse place qu'à une lutte incessante contre soi-même, accès internes et incessants de violence, de destruction et d'auto-destruction, qu'à des couteaux qui trancheraientt cette soif de vie qu'on ne sait abreuver, stérile de créativité essentielle parce qu'on n'a toujours pas compris pourquoi on est encore là, le devoir de l'avenir accompli dans l'amour. Et pourtant on résiste, car on se sait essentiel, toujours, encore un peu, à l'autre. Combat épuisant, plus grande preuve d'amour, vivre malgré soi, pour lui, et grâce à lui donner à la futilité apparente le visage du progrès et de l'épanouissement. 

En m'étirant ce matin, j'ai pensé sans tristesse aucune à ma mort et j'ai vu trois coquettes petites cheminées sur des toits gris de Paris couleur grisaille apaisée.

Il faudrait renoncer à ce refuge dans l'enfance, dans l'enfant, pour trouver l'ambition et le courage d'aimer ailleurs aussi, de vivre, corps et âme, un homme, la vie.